Mon cher corps, 

Je t’écris de nouveau, toi que je connais depuis 25 ans. Ah ! Nous en avons traversé des choses ensemble. Hein ? 

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Pardon. Pour toutes ces fois où je t’ai insulté. Où je t’ai dit que c’était de ta faute si je me sentais seule ; je suis désolée de t’avoir affamé dans ces moments-là et excuse-moi de m’être rendue malade parfois. Tout ça pour le même objectif à chaque fois : être plus mince. 

Pardon d’avoir testé les pilules pour maigrir, les thés et autres choses qui nous faisaient plus de mal que de bien. 

Pardon pour ces années où je t’ai délaissé et maltraité, désolée d’avoir ouvert les yeux trop tard. 

Cela m’as pris du temps, mais j’aurais dû t’aimer tout ce temps-là. Tu es ce qui fait ce que je suis et un jour nous aurons un enfant toi et moi. 

Tu m’as offert mes larges hanches, ma poitrine qui ne tient pas dans la main, mon petit bidon. Toutes ces choses que j’ai détesté, et pour lesquelles, à un moment ou à un autre je t’ai détesté. 

Je t’en prie, excuse-moi. C’est pas facile de grandir et toutes ces choses dites venaient surtout d’un manque de confiance en toi et moi. 

Se haïr est enraciné en nous, à moins de ressembler à ce que la société veut que nous soyons. Je suis certaine que tu comprends, au fond.

Quand mes hanches sont apparues, j’ai cru que c’était la fin de tout. De petites cicatrices transparentes sont apparues sur ma peau alors qu’elle s’étirait pour se faire à mes nouvelles formes. Aujourd’hui, j’accepte mes larges hanches (même si parfois, je me retrouve coincée entre deux sièges dans le bus à cause d’elles).

Quand ma poitrine a continué de grossir, je me suis sentie gênée, avec toujours la peur que ce 95D soit ce qui me définisse à présent. 

Et puis j’ai appris à accepter que tous les corps soient différents et que non, avoir des gros seins ce n’est pas forcément être vulgaire. J’ai aussi réalisé qu’ils ne sont pas aussi gros que je le prétends. Ce sont les miens et je les aime.

Je suis désolée que l’opinion des autres sur toi ait changé ma façon de te voir, et je m’excuse d’avoir laissé ces opinions m’atteindre et me vexer.

C’est mon opinion de toi qui compte. Tu es mon corps et la façon dont je prends soin de toi et dont je te nourris ne regarde personne, sauf moi.

Ma mère a grossi et m’a nourrie durant neuf longs mois, pendant que tu grossissais, elle grossissait aussi et changeait d’apparence, simplement pour que j’existe.

Je suis aimée. Par ma famille, par mes amis qui sont ma famille, par mon amour. Et si je ne peux pas réussir à m’aimer moi-même, alors ça reviendrait à dire “eh ça ne compte pas tout l’amour que vous me donnez”. C’est une autre raison pour laquelle j’ai commencé à aimer mon corps. Je m’entoure de l’amour des autres et je n’écoute pas mes plaintes concernant mon poids, ma silhouette, mon régime alimentaire, etc. J’essaie de n’écouter que ce qui compte vraiment. 

Merci de te montrer si fort.

Je veux remercier mes petits jambes grassouillettes pour tous les kilomètres qu’elles ont parcourues..

Mes larges hanches parce qu’un jour, elles porteront un enfant.

Mes cicatrices pour me rappeler que le passé est derrière moi. Et qu’il y a encore 1 an, j’avais 27kg de plus. Et qui ne cesse de changer. Car cette enveloppe est élastique et en constante évolution. 

Mes seins qui ne tiennent pas dans la main, parce qu’ils sont effectivement plus gros.

Je veux remercier tout mon corps pour faire de moi ce que je suis, pour ne jamais faiblir et être resté fort et en bonne santé durant ces 25 années. Le chemin est encore loin mais on avance plus sereinement.

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