LETTRE OUVERTE A MA MERE

Cher vous, ou cher tu (je ne sais pas),

Il est vrai que je n’aime pas faire cela, vider mon sac. Je ne le fais pas avec mes proches, alors pourquoi le faire sur un blog ou un parfait inconnu pourra le lire ? Parce que je pense que c’est le mieux justement, d’avoir une vision autre que la sienne ou que celle de ses proches. Inconnu.

C’est vrai que je ne le fais pas car j’estime qu’on a tous nos problèmes et que vous n’êtes pas là pour suivre une personne qui se plaint.

Mais je pense que tenir un blog peut servir à ça : vider son sac.

Je ne parle pas souvent de ce que je ressens vis-à-vis de cette situation, je fais comme si tout allait bien et si tout M’allait bien. Et que j’étais d’accord avec ça. Mais il est temps d’arrêter de se taire et de dire ce que l’on pense.

Je n’écris pas tout cela, en pensant qu’un jour la principale intéressée la lise, justement par le fait qu’elle soit totalement désintéressée par mon existence. Mais je vais quand même écrire avec le pronom personnel « tu » au cas où si un jour tu penses à moi et que tu te réveilles en te demandant ce que je suis devenue.

 

« IL Y A DES SILENCE QUI EN DISENT LONGS COMME DES PAROLES QUI NE SIGNIFIENT RIEN »

 

Parfois, ça me lance, comme quand on appuie sur un bleu, ou comme une vieille fracture qui s’est mal résorbée et qui nous fait mal avec un temps de pluie. Parfois je me lève avec ton souvenir et ça me hante, et ça me secoue.

 

Ça fait bientôt 5 ans que je ne t’ai pas vu. J’avoue que ça me fait mal de savoir que je ne te connais pas, du moins je ne te connais plus. Passer de maman à inconnue. De l’amour à rien du tout. Pas de haine, juste rien. Et c’est ça le pire. Parce qu’à la base je pensais que c’était passager, une dispute bête et inutile, mais me voilà encore à attendre comme une petite fille sur un banc de gare, en cherchant ton visage sur les inconnus qui passent devant moi chaque jour.

Tu es inconnue et je n’existe pas pour toi. Ou du moins, ça me donne envie de vomir d’ailleurs, mais il faut dire la vérité : on ne peut pas dire que je n’existe pas, car tu m’as vu grandir quand même au début, mais je n’existe PLUS. Tu m’as rayé de ta vie, comme on oublie une amourette de camping, ou des potes de lycée. Et c’est avec toute l’ouverture d’esprit que j’ai que je me pose cette question : comment tu peux vivre comme cela ? Avec les remords, les regrets, l’absence …. Un tel fardeau ? AH mais non, c’était moi le fardeau.

J’ai ce sentiment de colère mais surtout de tristesse car j’aimerai réellement comprendre comment on peut se lever depuis environ 1611 jours et ensuite trouver le sommeil le soir avec le fait de savoir que l’on a abandonné sa fille. Oui j’emploi « abandonner » car depuis trop longtemps je te défendais en disant que c’était de ma faute, que l’on était en froid. Mais il y a que toi qui étais en froid. Je ne l’étais pas, je ne l’ai jamais été.

Il y a peu de chance pour que je te remercie de quelque chose, car même ma détermination, mon envie d’avancer et ma gniac ne viennent pas de toi.

J’aimerai parfois avoir le courage de prendre mon téléphone et de t’appeler. Je sais que je pourrais retrouver ta trace facile. Mais il y a toujours cette question : te recontacter, oui, mais pourquoi ?

Toutes les issues sont mauvaises, je peux décider de ne pas te recontacter et rester sur mon banc de gare à attendre, avec ce sentiment d’inachevé, d’échec, pour une personne aussi ambitieuse et déterminée que moi.

Ou je pourrais me bouger, me lever de mon banc, et décider de t’appeler. Mais ça serait comme plonger ma main dans un sac rempli de serpent où j’ai dix fois plus de chance d’en ressortir blessée plutôt qu’autre chose.

Peut-être un jour je vais apprendre que tu es malade, ou bien même décédée. Et alors là je serai pleine de regrets de ne pas t’avoir revue avant. Ou alors, que tu ne te souviens plus de moi, car 5 ans c’est peu mais c’est beaucoup quand même. Ou même pire, découvrir que tu as pleinement conscience de tes actes mais que tu t’en fiche tout simplement. Mais peut-être aussi, j’ouvrirai les yeux à mon tour en découvrant que 5 ans ça ne se rattrape pas, ce temps est perdu, et cela pour toujours.

En fait, ce qui me fou en l’air depuis quelques jours, c’est de savoir que l’on ne pourra jamais effacer ce qu’il s’est passé. Impossible de tout oublier.

Et le plus difficile, c’est d’être seule face à cette histoire et que je suis la seule à souffrir de cela. Personne ne peut comprendre mise à part les personne qui vivent la même chose. Et comme on est incompris on se tait. Jusqu’au moment où le bol est plein. Mais dans tous les cas personne ne trouvera jamais les mots pour soigner les maux.

Mais heureusement, cette colère et cette tristesse s’estompe parfois. Parfois je l’oublie quand je suis entourée des miens, je collectionne les moments de bonheur, et les moments de galère mais qui reste quand même heureux car je les ai surmontés en étant entourée.

Donc c’est comme cela que je terminerai, les moments durs ça arrive, et parfois en masse, mais ce qui est important c’est de ne pas être seul.

 

ps : merci à Paméla, qui même si des fois on se dispute tu m’as beaucoup apporté. Au-delà de la stabilité, tu m’as apporté du réconfort, de l’amour et petit frère merveilleux !

 

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